Le
moulin de la Brague a, derrière lui, une très
longue histoire. Des olives, il en a trituré par
milliards, depuis le milieu du XVS siècle !
Et
si chaque moulinier a apporté son savoir-faire et
son amour du travail bien fait pour cette fabrication d'huile
d'olive, ancrée dans la tradition de Provence, les
Authiau, - ancêtres des Michel - qui l'ont repris
en 1848, ont, à leur tour, déployé
toute leur énergie, leur persévérance
et leur compétence pour préserver et développer
cette activité, dans le sens de l'histoire et de
la famille.
Un
moment d'émotion
La
fête organisée pour les cent cinquante ans
du moulin, était ainsi très symbolique. Elle
était, pour Christine, fille de Roger Michel et représentant
la "sixième génération",
le moment de l'hommage à tous ceux qui l'ont précédée.
Un grand moment d'émotion, très palpable,
aussi.
« L'histoire familiale nous
dit qu'en 1848, Maurice Authiau décide d'acquérir
le moulin. Son fils Mathieu Authiau, assura la suite jusqu'en
1900, date à laquelle sa fille Marie et son gendre
Léopold Pellegrin continuèrent à le
faire vivre. Maurice Authiau se doutait-il qu'il allait
être à l'origine d'une passion qui dure depuis
cent cinquante ans ? »
Une
passion partagée
Christine
raconte, devant la très nombreuse assistance réunie
pour cet événement...
« Oui, il s'agit bien
des passion. Au fil des années, malgré les
guerres, les gels et autres aléas, l'acharnement
à garder le patrimoine et l'outil de travail fut
le même. Le premier changement intervint quand notre
grand-père Aimé Michel décida de moderniser
et de transférer le moulin dans-un autre bâtiment.
Celui actuellement utilisé. En 1968, mon pare se
voit confier le moulin. Avec Marie, son épouse, il
n'aura de cesse de le moderniser, d'agrandir le magasin,
de diversifier l'activité commerciale. Le secret
de leur réussite tient en trois choses : acharnement
au travail, passion pour ce métier, respect de la
qualité. Mais depuis l'origine, le plus délicat
était de transmettre de génération
en génération cette passion et ce savoir-faire...
»
Roger Michel aura su, à son
tour, comme ses père et grand-père, communiquer
cet amour.
Il suffit d'entendre sa fille
: « Tous les ans, lorsque les olives passent du vert
au roussâtre, puis deviennent violacées, lorsque
commence à fumer la cheminée à grignons,
je ressens un sentiment de joie. »
Un moulin vieux de 500 ans
Une
même famille depuis 150 ans
Une tradition qui se perpétuera
Un
bonheur qui s'amplifie dans l'odeur des olives écrasées,
la vue des pierres de meule qui changent de couleur. «
Pour moi, ce lieu ressemblera toujours à une cathédrale.
Et le PLUS important restera toujours les parents. Ils sont
l'exemple, l'amour, l'aide à supporter les
peines pour bien grandir et se
forger caractère et
personnalité.
« La leçon, poursuit-elle,
est comprise, pour Roland, Patrick et moi-même, nous
la sixième génération. Notre seul souhait
est que cette passion dure encore au moins six générations...
»
Que pouvait ajouter le père,
après cet hommage magnifique rendu par sa fille ?
Quelques mots tous simples,
empreints de son humour et cachant son émotion. Des
mots pour remercier tous ceux qui ont œuvré
pour le moulin, dans un esprit familial. Des mots pour remercier
ses parents QUI lui ont inculqué le métier.
Des mots pour remercier son épouse, qui a grandement
contribué à la prospérité de
leur entreprise. Des mots pour encourager la jeune génération
qui a repris le flambeau...
Mais ce que nul n'a dit, c'est,
que tout cet amour et tout ce travail ont fait du Moulin
de la Brague, le premier du département. Et une réussite
à tout point de vue exemplaire...