La
roue a eau de ce moulin d'Opio ne tourne plus depuis plus
de 20 ans. La fée électrique est en effet
passée par là pour actionner meules et presses
qui servent à extraire l'huile d'olive. Reste que
la tradition n'est pas ici un vain mot. Depuis 150 ans,
une seule et même, famille veille en effet sur la
destinée de l'un des derniers producteurs régionaux
d'huile d'olive.
Tout
a commencé en 1848 quand Monsieur Authion reprend
cette affaire séculaire. La roue tourne, tranquille,
pendant près d'un siècle, jusqu’à
ce que Roger Michel en hérite dans les années
trente et décide alors de bousculer les habitudes.
Il voit grand, construit un deuxième moulin plus
vaste pour augmenter sa production, bien vu : moderne et
compétitif, l'installation perdure quand celles des
artisans voisins ferment l'une après l'autre. Et
aujourd'hui, alors que l'huile d’olive n'a jamais
été aussi appréciée des consommateurs,
le Moulin d'Opio se porte comme un charme.
Ma
famille a su concilier tradition cl innovation, résume
Christine Michel, l'actuelle directrice. Ainsi, nous n’avons
jamais renie notre métier originel : nous faisons
toujours du - travail à façon -. Pressant
de 700 à 800 tonnes d'olives par an pour des petits
producteurs, voire des particuliers. Chacun peut venir chez
nous avec des olives pour repartir avec son huile. Vous
savez. La production de 4 à 5 oliviers suffit. Mais
pas question de sacrifier notre réputation sur l'autel
du commerce : on se réserve depuis toujours le droit
de refuser les productions médiocres. C'est qu'en
marge de cette activité. Nous produisons également
notre propre huile. 150 à 180 tonnes d'huile que
nous commercialisons dans noire boutique (située
dans l'ancien moulin) et quelques points île vente
tries sur le volet.
Le
succès est tel que la famille Michel songe à
agrandir ses installations. In moulin du troisième
type qui d'ici quelques années, doublera la production
maison. « J'ai bon espoir de lancer prochainement
ce projet, et je suis tranquille quant a l’avenir
quand je vois mon fils Julien. A 12 ans à peine,
expliquer à son père où l'on doit installer
précisément ce nouvel atelier ! »